• The Global Map for Manufacturing is Being Re-Drawn - Yet Again

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La carte du monde de l'industrie manufacturière est en passe d'être redessinée – À nouveau

Par Karen M. Reddington,
Présidente FedEx pour la région Asie-Pacifique

Ce qui fait la particularité de cette évolution de l'industrie manufacturière mondiale n'est pas une question de géographie, ni de concurrence entre les pays ou les continents.

Le principe du « next-shoring » (implantation de proximité), qui consiste à ne pas déplacer la fabrication d'un endroit à un autre, mais à « s'adapter et se préparer à faire face à production mondiale en perpétuel mouvement », est aujourd'hui la nouvelle frontière, comme l'indiquait un récent rapport de McKinsey1.

Cette nouvelle tendance s'oriente vers quelque chose de plus vaste et de bien plus compliqué. C'est une tendance qui transforme la façon de réfléchir, qui permet l'accès à des techniques de fabrication innovantes, qui conduit à un mode de pensée au-delà des simples chiffres et statistiques, avec pour conséquence la mise en place de chaînes d'approvisionnement les plus performantes possibles.

Pour résumer, c'est la façon dont les entreprises pensent désormais de manière globale afin de prendre les meilleures décisions pour gérer leurs activités.

Du fait que nous transportons les marchandises par voie aérienne, routière et maritime, nous sommes, chez FedEx, les témoins de tendances mondiales qui affectent tous les secteurs d'activité.

Nous avons vu, au sein de notre propre secteur, apparaître une tendance à l'utilisation croissante du transport maritime dans nos solutions d'expédition, et non plus seulement les envois express par voie aérienne, domaine dans lequel nous étions pionniers et qui a fait notre réputation. Nous avons été témoins de l'évolution sous-jacente des salaires, du pouvoir d'achat et du coût de l'énergie au niveau mondial, dans les 220 pays et territoires où nous sommes présents.

En Asie, l'industrie manufacturière se déplace actuellement vers le centre et l'Ouest de la Chine, le Vietnam, la Malaisie et l'Indonésie. Dans le même temps, la Chine n’accueille plus seulement une simple chaîne de production pour l'économie mondiale ; elle est aussi devenue une pépinière d'innovation, qui s'est déplacée du début vers le milieu de la chaîne logistique.

Pour certains secteurs d'activité, il reste logique de conserver les infrastructures de production dans les pays émergents d'Asie, plutôt qu'aux États-Unis et au Mexique, afin qu'elles soient au plus près des énormes marchés de consommation que sont la Chine et l'Inde.

Et pourtant, le Canada et le Mexique peuvent toujours être considérés comme des alternatives de production attractives, pour la même raison : leur proximité avec les États-Unis, mais aussi pour les avantages offerts par l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Aucune solution n'est universelle ; il faut décider au cas par cas. La Chine offre encore la possibilité de faire des économies d'échelle et un important vivier de main d'œuvre, mais des pays comme le Mexique et le Royaume-Uni ajoutent à cela l'avantage d'une main d'œuvre qualifiée dans des secteurs concurrentiels.

Les technologies innovantes joueront également un rôle clé dans l'avenir de l'industrie manufacturière, et dans sa localisation au niveau mondial. McKinsey cite les avancées en matière d'impression 3D comme l'un des moyens novateurs qui permettra aux entreprises de remplacer leurs traditionnels fournisseurs de pièces détachées grâce à l'utilisation d'imprimantes en interne.2

D'autres travaillent sur l'amélioration de la visibilité comme solution idéale pour les fabricants, et sur la façon de réunir toutes les pièces de ce puzzle mondial si complexe. Un logiciel baptisé CDF (Cost Differential Frontier), mis au point par l'Université de Lausanne et subventionné par le ministère américain du Commerce, aide les entreprises à déterminer la meilleure localisation pour leur activité, en comparant les coûts de main d'œuvre, les financements de leurs activités, les réglementations et les coûts d'expédition, tout en tenant compte des problématiques liées à la surveillance et des risques politique et sécuritaires.

L'époque où il suffisait de comparer des coûts de main d'œuvre faibles ou élevés est bien révolue. Pour la plupart des entreprises aujourd'hui, le « next-shoring » ne consistera pas en une simple analyse, mais en une étude complexe et multifactorielle.

Les industriels recherchent la variété et la flexibilité pour la gestion de leur chaîne d'approvisionnement, ce qui impose des connexions multiples et rentables avec la clientèle hétérogène, exigeante et mondialisée qu'ils doivent satisfaire.


1 http://access.van.fedex.com/2015-access-25/.
2 http://www.mckinsey.com/insights/manufacturing/next-shoring_a_ceos_guide